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Lettre à al-Amine, au ciel. Par Pr Abdoul Aziz KEBE

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Lettre à al-Amine, au ciel.
Par Pr Abdoul Aziz KEBE

En ce jour de germination des pépites de grâces du mois sacré de Muharram, Tamxarit, mon J’ai alors levé le regard espérant, ton visage cœur s’est élancé vers toi, Turandoo bien aimé dans le champ de mes souvenirs. Et là, le ciel m’a souri, me dévoilant un coin des espaces de
l’éternité où tu es, drapé de ton manteau de dignité, immaculé.
Et puis un esprit m’a soufflé, dans l’Apex du cœur -le cœur n’a pas menti ….Mâ kadhabal-Fu’âdu – que ton retour au ciel, que tu n’as jamais quitté, en conscience et en constance, par le lien de l’élégance, était une consécration. Tu es enfin en belle compagnie avec les Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux. Allah ‘Azza wa Jalla a voulu que les repères qui ont couronné ta vie de mission, à la totale, de servitude du noble serviteur que tu étais,
Abdul Aziz, soient les mois sacrés de Tabaski et Tamxarit, l’un clôturant l’an, l’autre inaugurant le nouvel an.
« Le nombre de mois, auprès d’Allah, est de douze [mois], dans la prescription d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre. Quatre d’entre eux sont sacrés : telle est la religion droite. [Durant
ces mois], ne faites pas du tort les uns aux autres ». Tu as compris mieux que tout le monde, Turandoo, le message dissimulé dans les contours des lettres de ce verset de la sourate le Repentir, et dans la succession des mois de tabaski, mois du pèlerinage et de Tamxarit, Shahrul-Lâhi-Muharram, comme nous l’a enseigné Al-Habib al-Muçtafa. Tu as alors compris que Le Très Haut, ‘Azza wa Jalla, invitait l’humanité en général, les croyants en particulier, à insuffler à leurs actes, durant toute l’année, l’âme de la sacralisation. L’ihram, (Armal) du Hajj qui finit l’année, se poursuit dans Muharram qui inaugure la nouvelle. Tu en as fait le lieu de
rassemblement des espoirs et des seniors, à Tivaouane, sous la bannière de Dahiratul
Muqtafîna, pour rappeler aux uns et engager les autres à comprendre le sens de leur existence, la sacralisation de leurs actes quotidiens, du début à la fin de l’année. A jaraama ! Tu as montré la voie, que dis-je ! Tu t’y es engagé, sans jamais te laisser distraire par les suppôts de Satan, les désirs de la passion, les leurres de la cupidité, le confort de l’avoir. Et Allah, dans Son Infinie Sagesse, nous a révélé ton rang, voilé par ta proximité sociale, en te distinguant par l’aura de ces deux mois sacrés. Le Messager d’Allah ne nous a-t-il pas appris que les actes sont déterminés par leurs conclusions ? Innamal-A’mâlu bi-Khawâtimihâ. Et voilà que tu finis ta vie terrestre en serviteur de cette grande famille d’Allah, ‘iyâlul-Lâh, comme à ton habitude, en répandant le bonheur autour de toi, c’est-à-dire, sur l’étendue de la terre. Tes nuits dans les foirails, tes journées
dans les enclos, supportant les urées des bétails, la poussière, le soleil et les vents, pour que soit illuminé le visage d’innocents enfants qui attendent, avec impatience, que bêle devant leurs maisons, le bélier qui peuple leurs rêves. Me revient en ce moment l’épithète al-Mu’în
(celui qui vient au secours des gens) dont t’avait paré l’Imam Arabi Niass de Léona Niasséne, illustre fils d’El Hadj Mouhammad Niass.

Serigne!

Les dernières images que tu nous as laissées sont celles du serviteur, engagé jusqu’au dernier souffle à assurer le bonheur des siens, mais aussi à leur indiquer la voie du devoir, par la pratique constante. Le Messager d’Allah nous avait délivré son dernier discours à Arafat, au
mois du Hajj, celui de Tabaski. Tu nous as délivré ton dernier message, échos de l’adresse du Messager d’Allah, le jour de Tabaski, fidèle à ce dernier, à ces valeurs et jusque dans les symboles. Qui peut l’oublier? Ce n’est pas moi, ce n’est pas ta famille qui reste fidèle à ton legs, à ce sacerdoce pour lequel tu as sacrifié ta vie, toute ta vie. Ta famille, elle est large, celle
à qui te lie la parenté de sang, comme celle unie à toi par les anneaux de la spiritualité, continue à illuminer le visage des enfants d’un sourire radieux, pendant la Tabaski. Et les fidèles, répondant à l’appel de Serigne Moustafa, de ses frères et de la Dahiratul Muqtafîn, sous l’autorité morale et spirituelle du Khalife Serigne Babacar SY Mansour, qu’Allah lui
accorde longue vie et santé ainsi que l’ensemble de ses frères, soeurs, fils et filles de sang et d’allégeance, viennent au ralliement de ‘Ashûra à Tivaouane.
Qui peut l’oublier? Finie la Tabaski de 1439, le devoir accompli dans ce mois de pardon et de rédemption, s’annonçait 1440 avec l’aube de Muharram/Tamxarit, le mois sacré d’Allah. Tu es parti, enveloppé de ce manteau de dignité qui ne t’a jamais quitté, rejoindre dans la sacralité de ce mois, le monde des Réalités essentielles. Innal-Umûra bi-Khawâtimihâ, les choses sont déterminées par leurs conclusions, disait al-Habîb al-Muçtafâ. La fin de ta vie
parmi nous, reste un repère pour la Vie.
Et là Turandoo, permets-moi de m’adresser à Allah ‘Azza wa Jalla, de Le remercier et Le glorifier de m’avoir fait Sénégalais, croyant, portant ton prénom, espérant être fidèle à ta guidance. Je Le prie de la prière de celui qui est confiant en Lui Allah, qu’IL afflue sur toi, par la grâce du diadème des Prophètes, par l’Essence de Son Ipséité et de Ses Nobles Attributs, les abondants influx de Son Agrément, sur tes frères, parents et ancêtres, sur tous ceux qui vous ont précédés dans la foi. Amine!

Çalli ‘alâ iklîl-Anbiyâ’i, bi-Hurmatil-‘Ulyâ’i wal-Husnâ’i

Pr Abdoul Azize KEBE